Musique et écologie : ça donne quoi ?

Massive Attack s’engage pour la sauvegarde de l’environnement avec la commande d’une étude pour connaître l’empreinte carbone de leur tournée. Coldplay annule la tournée pour promouvoir leur dernier album Everyday In Life par souci écologique… Voici les derniers engagements pris par les artistes pour sauver notre planète bleue. Mais l’industrie de la musique peut-elle rimer avec écologie ? On a tenté d’en savoir plus. 


Par Alice L.

Actuellement, difficile d’évaluer précisément l’impact environnemental des concerts. Déplacements (avion, camion, etc.), consommation d’électricité (éclairage, sonorisation), déchets et alimentation (bouteilles et gobelets en plastique) sont les points à améliorer lors de l’organisation d’un concert ou d’un festival. Pour se faire une idée, un festival représente 1000 tonnes de CO2 soit l’équivalent de 400 allers-retours Paris-New-York en avion. Une étude britannique a indiqué que l’ensemble des concerts sur le territoire en 2016 ont généré plus de 19 000 tonnes d’émissions de carbone soit 1900 tours de la Terre en voiture - oui, ça donne le tournis. Le constat est clair : les concerts et les festivals polluent la planète, mais des musiciens et festivals ont décidé de réagir.

Les engagements des festivals et des artistes
Certains festivals ont décidé de faire de l’écologie leur fer de lance, mais également leur principal objet de promotion. En France, nous avons We Love Green, le Cabaret Vert et Ocean Climax : ici, bonjour les toilettes sèches, les panneaux solaires, les stands de nourriture écoresponsables et au revoir les écrans de six mètres à chaque scène, les bouteilles en plastique et les programmes en papier distribués sur le site.

Les organisateurs de festival ne sont pas les seuls à s’engager pour l’environnement. Les artistes n’ajoutent pas seulement une gourde à 30 euros sur leur e-shop, mais tentent de réduire au maximum leur empreinte carbone par des faits concrets. Dans cette guerre contre la pollution, on trouve notamment en première ligne : Coldplay et Massive Attack. Le groupe de trip-hop a commandé une étude auprès d’universitaires anglais pour évaluer leur émission de gaz à effet de serre. Durant quatre ans, les scientifiques collecteront toutes les données nécessaires lors des tournées de Massive Attack afin de pouvoir leur proposer des alternatives : « le défi consiste désormais à faire non seulement des sacrifices personnels, mais également à insister sur le changement nécessaire de ce système », expliquent Grant Marshall et Robert Del Daja dans un communiqué.  D’autres sont plus radicaux, ils ont décidé de mettre sur pause leur tournée. À l’aube de la sortie de leur dernier album Everyday In Life, Chris Martin et ses acolytes ont annoncé que Coldplay ne ferait pas de tournée tant qu’ils ne seront pas en mesure de proposer un concert neutre. 

Le streaming musical, ça pollue ?
Avec l’abandon du vinyle, de la cassette et du disque et l’engouement pour le streaming musical, on aurait pu croire que nous étions plus respectueux de la planète. Que nenni ! Selon une étude de Fournisseur Énergie, nous avons bien réduit notre consommation de plastique (61 millions de disques produits en 2000, 8 millions en 2016) en arrêtant progressivement d’acheter des disques, mais nous polluons plus qu’au siècle dernier. Pour exemple, en 2000 l’écoute de musique générait 200 millions de kilos de gaz à effet de serre contre 300 actuellement. Aucune alternative n’est proposée pour réduire cette émission conséquente mise à part limiter nos heures d’écoute. Néanmoins, certains défenseurs de l’environnement et amoureux de musique ont lancé une plateforme de streaming musical écologique : Feedbands. Le concept ? C’est simple, par tranche de cent titres streamés, la start-up s’engage à planter un arbre. Une option à envisager. 

Un manifeste pour la transition écologique de l’Industrie de la musique

Pour une industrie plus respectueuse de l’environnement, L’AMA (Alliance des managers d’artistes), CAP Digital et l’IRMA ont co-signé un manifeste pour que les acteurs du milieu changent leurs pratiques et s’engagent « pour un secteur plus solidaire et durable » et organisé un atelier en juin dernier sur les enjeux de l’adaptation de la musique à la nouvelle donne écologique. Les acteurs de la musique doivent réfléchir à de nouvelles alternatives pour limiter au maximum leur empreinte carbone et participer à l’effort écologique. 


En attendant, à notre échelle nous pouvons limiter notre empreinte carbone grâce à des gestes simples : aller aux événements musicaux en transports en commun ou à vélo, abandonner la bouteille en plastique au profit de la gourde et consommer de la musique de manière plus responsable. 

Commentaires