Quand la variété française rencontre le hip-hop à l'Ardèche Aluna Festival

Du 14 au 16 juin, l'Ardèche Aluna Festival investissait le village de Ruoms pour trois jours de musique où se rencontrait NTM, Arnaud Rebotini ou encore Patrick Bruel. Récit.

Calypso Rose - Crédit Photo : Laura Benhamou
Par Alice Lanneluc
Onzième édition. Malgré des débuts difficiles (annulation de Bertrand Cantat, désistement de Charles Aznavour suite à une blessure), l'Ardèche Aluna Festival a tenu ses promesses avec une ambiance conviviale, des concerts réussis et un site transformé en dancefloor pour la clôture. Le jeudi, le soleil est au rendez-vous à la scène météore avec le groupe cosmopolite Cafetera Roja composé de musiciens originaire d'Autriche, de France ou encore d'Espagne. Entre rock et hip-hop, le live est riche en énergie et le public le rend bien à coup de cris enthousiastes notamment lors du passage de "Burn".

La Cafetera Roja - Crédit Photo : Laura Benhamou
A 19 heures, la scène étoile émet ses premiers sons avec l'arrivée de la Queen, Calypso Rose. L'heure est à la danse, au rire et aux bonnes vibes. La figure poupon de la chanteuse trinidadienne fait naître les sourires sur chacun des visages présents. Elle n'hésite pas à rire d'elle-même en calant son micro dans son pantalon jaune avant de reprendre les paroles de "Calypso Queen" ou encore "Abatina" en compagnie de ses choristes. Un beau moment. Alors que la nuit tombe, ce sont les monstres de Shaka Ponk qui envahissent l'espace en un riff de guitare. En alternant nouveaux morceaux ("Bunk") et tubes ("I'm Picky"), la petite bande ravit les festivaliers venus en nombre. Pour la seconde année, le festival accueille une scène dédiée à la musique électronique et renommée pour l'occasion : Comète. Durant son Dj-set Acid Arab oscille entre sonorités orientales et techno acide. Ce premier jour de festivités se termine aux côtés de The Chemical Brothers pour un show composé de laser, d'animations 3D et morceaux phares ("Hey Girl, Hey Boy", "Block Rockin' Beat"). Une belle manière de signer le retour du duo depuis la sortie début juin de la nouvelle version de "I Never Ask To Be Your Mountain". Un album pour la fin de l'année ?

Hip-hop au dessus du village du Ruoms

Le lendemain, les nuages s'invitent peu à peu dans le ciel, mais la chaleur est toujours au rendez-vous. Perché au dessus du site, Elephanz commence son concert. Le trio oscille entre les sonorités électro de ses dernières productions et la pop de ses débuts. La Grande Scène accueille les petits gars de Biglo & Oli, le succès de leur dernier album auprès des jeunes se ressent dans la foule où les aficionados ne dépassent pas les seize ans. Les paroles, ils les connaissent par coeur. Il faut avouer que les titres et le flow des deux frères ne sont pas la tasse de thé de CBB mais il faut reconnaître qu'ils offrent un moment tonique avec des interludes faits avec humour - en chambrant gentiment les Ardéchois.
NTM - CP : Laura Benhamou
La suite ? L'arrivée des papes du hip-hop français : NTM. Dans la foule, toutes les générations se mélangent pour reprendre en coeur les tubes du duo mythique ("La Fièvre", "Ma Benz", "Laisse Pas Traîner Ton Fils"). L'heure est à la nostalgie.


La soirée se conclut en compagnie de Chinese Man, venu présenter son dernier album Shikantaza aux sons métissés. L'atmosphère festive envahit peu à peu le site où les derniers irréductibles esquissent quelques pas de danse. 

Patrick VS Arnaud

En ce dimanche - et dernier jour du festival - la programmation est plus qu'éclectique. En effet on y retrouve Patrick Bruel et Arnaud Rebotini sur la même affiche (comme quoi, tout est possible). Vers 18 heures, Catherine Ringer inaugure la grande scène avec une vitalité sans limites autant sur ses morceaux solo que ceux des Rita Mitsouko. Ensuite, c'est au tour de Julien Clerc d'entrer en piste avec piano blanc, sourire colgate et "Ma Préférence" avant de laisser place à celui que la foule attendait avec impatience : Patrick Bruel. Impasse obligatoire. A 22 heures, la Fraicheur sur la Comète et IAM sur l'Étoile entrent en scène (difficile pour la première de rater le second, groupe de sa jeunesse). 

IAM - Crédit Photo : Mathieu Cugnot
Marseille s'invite en Ardèche avec son énergie positive, la complicité entre Akhenaton, Shurik'n et Cheops fait chaud au coeur. Les paroles de la marée de "Je Danse Le Mia", "Petit Frère" et l' "Empire du Côté Obscur" se lisent sur les lèvres des festivaliers. Direction la scène électronique pour se dandiner sur le set hardant de La Fraicheur. Les sons bruts de la Berlinoise d'adoption envoient directement le public dans les étoiles - pour écouter son premier album Self Fulfilling Prohecy (InFiné / Differ-Ant) c'est par ici. Pour conclure divinement le festival, Arnaud Rebotini entre en piste. Tout commence avec quelques extraits de la bande-son de 120 Battements par minute avant de basculer avec ardeur vers une techno brute, pour le plus grand plaisir des danseurs en herbe. 

La Fraicheur - Crédit Photo : FAD Photography 

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