[REPORT] Festival : Rock en Seine 2016

Crédit Photo : Nohcim 



SAMEDI 

Le soleil tape fort, très fort, pour débuter cette deuxième journée de festival. Toute l’équipe de Casse Bon Bon était sur place et vous raconte les moments marquants. 

Crédit Photo : Nohcim 


C’est aux alentours de 17h que l’on pu voir débarquer sur la jolie scène de la Cascade le groupe ô combien attendu le duo des Casseurs Flowters.  Malgré une chaleur étouffante, Gringe et Orelsan ont su faire oublier aux spectateurs la moiteur de tout à chacun pour les faire danser et se trémousser sur leur flow stimulant. En commençant avec « Fais les backs », le duo a pu faire s’égosiller immédiatement ses fans, enchaînant avec « Stupide » faisant régulièrement répéter le public « plus stupide que la stupidité ». Entre un jeu de scène surexcité, des scratch impressionnants des deux dj et de jolis moments d’émotions (« si facile »), Gringe et Orelsan ont fait osciller leurs fans entre frissons, excitation et sautillements intempestifs, n’hésitant pas à faire de nombreuses références à leur film Comment c’est loin, en invitant plusieurs des personnages sur scène. Les Casseurs flowters ont surpris leur public en finissant sur la chanson « Bloqué » sans doute une référence à leur série télévisée « Bloqués » écrite par Kyan Khojandi. Une dernière date de tournée qui restera dans les mémoires.

Papooz entre sur la scène Pression Live. Le jeune groupe a su faire vibrer l'ensemble des festivaliers le temps d'un set sentant le sable et le chewing gum. L'humeur Beach Boys fait chavirer les coeurs. "Ann wants to Dance" annonce la couleur, une pop colorée et sympathique. Leur premier album est convainquant, ce que les français confirment sur scène. Coup de coeur. Chacun est encore sur la plage, la tête dans les étoiles. Bien joué ! 

Crédit Photo : Nohcim 


La scène de la Cascade se remplit déjà pour La Femme. Avant une sortie d’album prévue quelques jours après le festival (le 2 septembre, ndlr), la folle bande venait proposer un set mêlant titres de ce nouvel opus et anciens tubes. Même si la performance à Rock en Seine en 2013 nous avait semblé plus déjantée, plus rock et plus efficace, ce passage restera un très bon moment du festival. Les nouveaux titres présentés sont accrocheurs, drôles (on est très fan de “mycose” !) et restent inévitablement en tête. Marlon, leader capillairement multi-colore, déborde d’une énergie communicative qui fera danser la foule jusqu’à la fin du set. L’album, depuis sorti, est une onde positive sur la pop et c’est à écouter dès maintenant.

              On part ensuite assister à 22h au concert du groupe islandais Sigur ros. Le groupe a su nous faire voyager au cœur des forêts islandaises, malgré une absence regrettée d’étoiles pour parfaire le tableau. Le spectacle onirique et la voix de fausset du chanteur Jonsi se mariaient parfaitement au son de l’archet de ce dernier. Et même s’il est difficile de chanter aussi bien et surtout correctement les paroles du groupe, la reconnaissable « Sæglópur » en a fait chantonner plus d’un.

Au même moment, du côté du dancing, alors qu’une Djette passe du Gala et du Rihanna en braillant, l’arrivée de Chloé mettra tout le monde d’accord. Désormais présentée comme l’une des références de la scène féminine électronique internationale, la française va transporter la foule de ses ondes sombres et sensuelles. Le seul hic viendra du lieu, beaucoup trop petit pour la demoiselle, des dizaines de festivaliers traînent en dehors du chapiteau pour planer tant bien que mal. Ce qui montre bien l’effet que Chloé peut faire.

Il ne fallait pas manquer Massive Attack, sur la Grand scène, le mystérieux groupe ne se laissant voir que très rarement en live. Et personne n’a été déçu : de nombreux invités tels qu’Horace Andy (dès la première chanson « Hymn of the Big Wheel ») Azekel pour la célèbre « Girl I love you » Deborah Miller et surtout Tricky pour « Take it here », le groupe a su s’entourer pour faire se mouvoir le public. Mais le plus étonnant fut les messages diffusés sur l’écran géant, entre un hommage aux victimes des attentats et une référence à la polémique du burkini, le plus poignant resta malgré tout leur « Je suis Charlie, je suis Paris (…) Je suis ici » et ce durant la chanson « Safe from Harm ». 

Au même moment, les Canadiens de Half Moon Run sur la scène de Pression Live. Le public bien moins présent qu'à Massive Attack redécouvre les moments planants offerts durant l'été 2013. Après Beauregard, leur générosité n'a pas changé. Un nouvel album plus rock semble s'être immiscé dans la set liste, une jolie découverte dans leur jeu de scène. Le public semble avoir atteint la lune, une nouvelle fois.


Une clôture parfaite pour ce deuxième jour de festival. 


DIMANCHE

Et c’est sous un soleil beaucoup plus doux que la veille que l’on a pu retrouver en début d’après-midi la splendide Elin Larsson et son groupe suédois Blues Pills sur la Grande Scène. Avec une entrée en matière rapide permettant de faire découvrir aux néophytes sa voix puissante, la chanteuse a surpris son public en se présentant pieds nus sur des tapis. Une énergie débordante nous permettant de découvrir en live leurs nouvelles créations comme Lady in Gold de l’album éponyme, le groupe a su conquérir les spectateurs, certes moins nombreux à cause de la tranche horaire. Et c’est en entonnant les paroles de la dernière chanson du concert et également la plus connue (Devile man) qu’Elin a pu éblouir en un final retentissant.

Crédit Photo : Monsieur-Robs 


Un peu par hasard, nous découvrons KillASon sur la Scène de l’Industrie. Vêtu d’une longue fourrure noire, le jeune artiste propose un son plutôt unique, entre rap, électro & pop qui fait mouche. Son look est efficace, son flow est décapant autant que ses passages chantés, et ses mouvements de bassins parfois suaves, parfois robotiques garde le public en haleine. Un set presque trop court pour cette découverte de festival qu’on aimerait revoir très vite.

La suite est tout aussi intéressante du côté de la scène de la Cascade avec Gregory Porter. Le nounours californien est l’homme qu’il ne fallait pas rater ce dimanche à Saint-Cloud. Il débutera son live par une version remasterisée et acoustique de “Holding On”, à l’origine produite par Disclosure. Pendant près d’une heure, accompagné par une bande musiciens plus talentueux les uns que les autres, le monsieur va faire vibrer la foule de son jazz contemporain et de sa voix puissante. Sa timidité face au public s’efface complètement à chaque note qu’il sort et c’est beau à voir.

Ce fut aux alentours de 18h que l’on pu voir la grande scène envahie par des spectateurs surexcités, tous réunis pour le concert fracassant des Sum 41. Outre une énergie aussi communicative qu’impressionnante, le groupe a entraîné son public aguerri à entonner leurs classiques avec fougue : The Hell song, over my head ou encore still waiting, ce fut un véritable sentiment de nostalgie qui a saisi les anciens collégiens aujourd’hui presque trentenaires. A l’image d’une madeleine de Proust musicale, le groupe a su déchaîner les foules avec quelques « pogo » mais également les émouvoir en leur chantant les musiques tristes qui ont su accompagner leurs vieux chagrins d’amour adolescents (pieces, with me). Quant au plus surprenant, ce fut la montée sur scène de plusieurs fans demandée par Deryck Whibley en personne, visiblement aussi ravi que les chanceux.

Au même moment, après un passage par les très décevants Miike Snow (pourtant producteurs du célèbre “Toxic” de Britney Spears), nous nous dirigeons vers la scène Pression Live pour entendre la jeune Little Simz. A peine 22 ans et déjà la fougue des grandes rappeuses américaines. Une voix aigüe mais un rap maîtrisée sur des productions à l’efficacité redoutable, c’est ce que propose Little Simz, qui compte notamment une collaboration avec monsieur Kendrick Lamar. Rejointe par la volupteuse Bibi Bourelli lors d’un titre (que nous avions manqué en début d’après-midi mais déjà aperçu en live il y a quelques semaines), les deux divas ont mêlé rap enragé & r’n’b à la perfection. 

A 19 :45 précise a pu résonner dans le domaine de St Cloud les premiers accords de la légendaire chanson I Wanna be your dog,  la précipitation des retardataires en vint presqu’à créer un mouvement de foule : l’Iguane était sur scène. Avec sa manière étrange de se mouvoir, Iggy Pop a su émerveiller son public par un jeu scénique ponctué d’une voix puissante. Entre danses suggestives, bain de foule et insultes reprises en cœur par les fans, l’Iguane a réuni le plus grand nombre de spectateurs lors de son show. Ayant choisi de chanter ses tubes les plus connus, le chanteur a mis de côté son dernier album (sauf Gardenia). Malgré une absence remarquée d’un hommage à David Bowie, Iggy Pop a su surprendre les spectateurs en faisant monter au hasard une jeune femme sur scène et en disparaissant avec elle dans les coulisses après un soudain au revoir annoncé dans le micro.

Crédit Photo : Monsieur-Robs 


La Pression Live se remplit doucement pour l’arrivée d’Aurora. Nous vous l’avions présenté, il y a quelques mois, juste ici et nous étions très pressés de la revoir. La demoiselle venait présenter son album All My Demons Greeting Me As A Friend sorti il y a quelques semaines au public français et le live valait le détour. Pendant une heure, entre balades planantes et mélodies aux terminaisons puissantes, la jeune norvégienne va transporter le public dans son univers : fusion de la voix de Dolores O’Riordan des Cranberries, de l’attitude de Björk et des envolées musicales de Sia. Autant vous dire que la performance était marquante, la demoiselle a le don de transformer ses titres en hymnes powerful à chaque live. “Warrior” & “Runaway” sont des tubes en puissance. Une re-découverte intriguante et inoubliable. 

La fin du festival se fera  pour nous avec quelques minutes de Foals. Entre mélodies légères et rock puissant, le groupe porté par Yannis Philippakis fait planer la foule dès la première chanson. La voix du leader donne de l’envergure à chaque titre, c’est un plaisir des yeux (car Yannis est très beau) et des oreilles à chaque minute du live.

Avec une telle programmation, une organisation de plus en plus efficace (hormis peut-être l’attente à l’entrée…) et un ambiance tout aussi agréable, on sait pourquoi Rock en Seine fait partie de nos festivals immanquables. Et c’est bien pour ça qu’on y sera encore l’an prochain.



Noctambule avec Monsieur-Robs

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