[INTERVIEW] "Je rêve de faire un duo avec Sting" Awa Ly



Alors qu'elle prépare la sortie de son album "Five and a Feather" le 25 mars & un concert unique au Café de la Danse le 31 mars, la chanteuse AWA LY s'est confiée à Monsieur-Robs. Discutons origines, influences & nouvel opus avec l'artiste.


Crédit Photo : Monsieur-Robs


Un fauteuil club, une faible lumière & une tasse de thé. C'est ainsi que la rencontre se fait entre Awa & moi. Chaleureuse et souriante, la belle chanteuse parle beaucoup, elle est passionnée et c'est exactement ce qu'on aime chez CBB. Retour sur 40 minutes d'entretien avec une artiste inclassable.

Bonjour Awa ! Est-ce que tu peux te présenter et nous parler de tes débuts dans la musique ?
Bonjour Casse Bon Bon ! Quel nom original, d’abord !
Je suis née à Paris, française d’origine Sénégalaise, je vis en Italie, à Rome, depuis 16 ans. J’ai grandi à Bagneux (92) dans une culture imprégnée par le Hip-hop. Mais mes parents sont très mélomanes, qui m’ont fait baigné dans une culture musicale incroyable. Papa avait une très grande collection de vinyles dans tous les styles de l’afro-cubain au jazz, la funk, la soul donc du Simon & Garfunkel à Ray Charles ou James Brown, et même un peu de musique classique. Je passais aussi pas mal de temps à la médiathèque de Bagneux  pour emprunter mes premiers Billie Holiday… Du beau monde. 
J’ai d’abord travaillé dans le commerce international, j’ai tout lâché pour me lancer, il y a maintenant 10 ans dans la musique. La plus belle décision de ma vie !

Quand on écoute ta musique, on entend du jazz, de la soul, même un peu de pop… Comment définir ta musique ?
Je suis ravi de t’entendre dire ça, car c’est exactement ce que je suis ! Je ne cherche pas à définir ma musique, même si évidemment, rien que pour être placé dans le bon bac à la FNAC, il le faudra bien, je ne sais même pas dans quoi je vais être placé !
Je ne suis pas contre une étiquette plus qu’une autre puisque comme tu le dis, il y a du jazz, de la pop, des instruments de la World Music comme la Kora et des bribes de soul, de blues. Je suis une fille franco-sénégalaise vivant à Rome et ayant vécu aux Etats-Unis donc mon style est comme moi, inclassable, c’est ma richesse.

Venons-en au fait, « Five and a Feather » qui sort le 25 mars. Tu nous en parle ?
Cet album « Five and a Feather », c’est la récolte de nombreux textes, de nombreuses chansons déjà existantes. Je n’ai pas écrit « Five and a Feather », disons que comme pour un album photo ou on trie les photos, j’ai fait un tri dans mes textes. J’avais surtout envie de le réaliser avec Pascal Danaé, on a choisi plusieurs morceaux tous les deux pour en retenir 10 sur ce disque. Certains morceaux avaient été écrits y’a trois ans peut-être, d’autres juste avant d’entrer en Studio.
Pour l’anecdote, la chanson « You will be mine », c’est une chanson qui a été écrite par Slow Joe du groupe Slow Joe and the Ginger Accident, un groupe que j’adore. Je les ai rencontré par hasard lors de l’enregistrement de « Musiques du Monde » sur RFI, ils passaient dans la même émission que moi et j’ai eu un énorme coup de foudre artistique pour lui et sa manière d’écrire. Après l’émission, j’ai tout simplement été lui demandé s’il n’avait pas quelques textes à m’offrir. Et quelques jours, il m’a envoyé un mail avec plusieurs propositions et j’ai retenu « You Will Be Mine » que j’ai mis en musique avec Massimo Giangrande. 

Crédit Photo : Monsieur-Robs 


C’est un titre mystérieux « Five and a Feather », non ?
C’est ce que ce titre doit inspirer. Effectivement, j’aurais pu le nommer « Le Palmier », on aurait de suite compris de quoi je parlais (rires). Mais quand on le dit, ce titre, cet effet phonétique « Ffff » représente la légèreté, la douceur et puis c’est, pour moi, comme une formule magique, une incantation. C’est libre d’interprétation, chacun aura sa version, moi j’en ai plusieurs évidemment. Par exemple, le chiffre 5 représente beaucoup de choses : les cinq sens, les cinq continents et j’aime l’idée que cette petite plume puisse nous faire atteindre un sixième sens, une sixième dimension... 
Enfin, « Five and a Feather » donne FAAF, un palydrome, comme mon prénom AWA. Ce n’était pas fait exprès mais je pense que c’est un signe important, les signes sont partout, comme par exemple quand je regarde l’heure et qu’il est 12h12 ou 05h50. Rassure-toi, je ne bois pas, je ne fume pas (rires), je crois juste en certains signes.

C’est peut-être pour ça que ton univers visuel est un peu mystique, mystérieux ?
C’est vrai. Pour le moment, je n’ai dévoilé qu’un seul clip pour « Let You Down ». J’ai travaillé avec Bernard Benant, un photographe très talentueux. J’avais adoré son travail sur le clip d’autres artistes et je lui ai donc demandé, avec tout ce qu’implique d’être une artiste indépendante, de réaliser ce clip. Il a voulu montré qui j’étais, mon attitude au public.
On a également teaser quelques titres de l’album, on a choisi, principalement sur le net, des vidéos qui nous inspirait. On voit la mer, la lune, les nuages mais aussi un aigle au ralenti… Pour le prochain clip, on y pense, si on peut, on le fera, mais la sortie de l’album me prends tout mon temps évidemment.

Quelle est la différence avec tes premiers albums ou EP ?
Plus qu’une continuité, c’est une évolution. Mon premier album « Modulated » (2009) se centrait sur des histoires de vie, alors que « Five and a Feather » parle d’amour. Les EP, je les considère comme des clins d’œil. « Parole Prestate » (2011) contenait uniquement des titres en italiens que je n’avais pas écrits et puis « AWA LY » (2014), c’était plus une carte de visite pour la France. Mais tout se passe comme une évolution, oui. J’espère qu’il y en aura d’autres !

Le 31 mars prochain, tu présenteras tes titres sur scène au Café de la Danse, comment ça se présente ? Et puis, comment s’annonce la suite ?
Plutôt bien. C’est un quartet avec notamment Massimo Giangrande, l’idée, c’est vraiment de montrer une facette différente de ce que peut montrer l’album « Five and a Feather » et les disques précédents. C’est aussi ce que j’aime quand je vois un artiste en live, c’est qu’il ne présente pas l’album tel quel. On prépare des surprises, évidemment, mais même à toi, Casse Bon Bon, je ne dirais rien !
Après la sortie de l’album et le Café de la Danse, j’espère évidemment faire une tournée. Avec Blue Line, mon tourneur, on a des options avec plusieurs programmateurs, on attend que ça se concrétise. Evidemment, ça va dépendre des retombées du public et des médias autour de l’album. Mais je croise les doigts !

Quelques questions rapides pour terminer cette interview ? Je ne sais pas répondre rapidement, tu l’as bien remarqué !

Tes salles préférées à Paris : Le Café de la Danse, Le Casino de Paris, Le Trianon et évidemment le Bataclan. Et puis dans un style plus « club », je dirais le Sunset et La Bellevilloise.  
Ce que tu écoutes en ce moment : Ballaké Sissoko, Oxmo Puccino, Kendrick Lamar, quelques artistes italiens et évidemment l’album de mes copines : Inna Modja, Hindi Zara… 
Le duo dont tu es le plus fière : Il y en a beaucoup évidemment ! Mais récemment, je vais dire Faada Freddy ! 
Le duo que tu rêves de faire : Sting ! Je l’adore. 
L’album qui t’a marqué : Il a beaucoup trop mais pour faire simple, la discographie entière de Billie Holiday.

EN OFF – La conversation avec Monsieur_Robs a parfois dérivé vers la pop, petites bribes de réponses entre deux questions.  
« J’aime beaucoup Héloïse, c’est une amie, et j’ai été bluffée quand je l’ai vu au Zénith de Paris. Un show incroyable et puis c’est une fille tellement simple, sympathique et complètement surprise de son succès. » // « Nicole Scherzinger ? Ha oui ! C’est très drôle qu’on parle de cette fille que je l’ai rencontré. J’étais en festival en Italie, elle passait juste après moi avec Eros Ramazzotti. Elle est venue me voir pour me dire « You’re so Amazing ! » sauf que je ne savais plus pourquoi je la connaissais. J’ai répondu très naturellement « Oh Thanks ! From you, it’s a great compliment ! » et j’ai retilté après que c’était juste la fille des Pussycat Dolls ! ». 


Propos recueillis par Monsieur-Robs

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