[INTERVIEW] H-Burns

A l'occasion de son passage à la Rotonde le 5 juin dernier, nous sommes allés à la recherche de
 H-Burns

Crédits Photos : Casse Bon Bon
Rencontre avec un garçon sincère, sympathique et disponible 

Trés jeune, tu sembles avoir baigné dans la culture américaine. Quels sont tes premiers souvenirs liés aux Etats-Unis ?
Ce fut le premier album de Léonard Cohen, d’ailleurs il n’est pas vraiment américain mais canadien,  puis après toute cette culture folk est vraiment ce premier souvenir lié aux États-Unis aussi loin que je me souvienne.

Quel artiste américain t'asle plus marqué dans tes premières phases de composition ? 
Pour les textes, j’ai été très Bob Dylan. Pour les textes on a rarement fait mieux, cela va au delà de l’influence pour moi, sociologiquement pour quiconque qui s’intéresse au rock de près ou de loin à un moment ça a un impact sur ta vie, tes paroles. Et Bruce Springsteen aussi, pour le côté un peu plus branché (rires)

Janvier 2015 annonçait la sortie de ton 5ème album « Night Moves », une invitation à l’errance nocturne. Quelles sont les autres références du titre ? 
Dans l’album, il y a une métaphore tout au long de l’album qui est celle des catastrophes naturelles. Je m’y suis intéressé de près en allant à des conférences, des séminaires sur les catastrophes naturelles. 
Puis comme nous avions enregistré à Los Angeles, ville elle-même qui peut être engloutie dans un séisme d’un jour à l’autre, je trouvais ça bien d’être dans une espèce de mise en abyme et du coup, je me sers de cette métaphore à la fois parce qu’on est dans une ville sur une faille et à la fois, je parle des relations humaines et donc, des séismes et des ouragans que celles-ci provoquent dans le bon et dans le mauvais sens parfois. 

Après une collaboration avec Steve Albini (Nirvana, PJ Harvey...) sur Off the Map, tu as enregistré aux côtés de  Rob Schnapf (Beck, Eliott Smith, The Vines..) comment s’est déroulée cette première rencontre ? 
Avec Rob Schnapf, ça a été par e-mail. Il a fait tous les albums d’Elliot Smith dont je suis fan. Puis j’ai écouté quelques disques qu’il a produit et je me suis dit « il faut absolument que je bosse avec ce type », je suis parti de zéro comme ça en allant sur son site web où il n’y avait aucun contact donc il a fallu faire des recherches, trouver dans quel studio il bossait. Et là je lui ai envoyé un mail, et le temps entre le moment où l’on a décidé de le faire et l’enregistrement il a dû se passer 6 mois je pense. 

Comment ça se fait ? 
En fait Rob Schnapf, il est très californien, détente. Il prend du temps à répondre à ses mails puis après il veut te téléphoner, donc il faut encore un mois pour prendre le rendez-vous au téléphone puis suite à une discussion de deux heures, là on a décidé de le faire. 

Pour revenir à Eliott Smith, tu as joué sur une de ses guitares ?
Oui on a joué toutes les acoustiques sur l’ancienne guitare d’Eliott Smith d’où le son particulier de la guitare. 

Dans certains entretiens, tu fais part de la différence de rythme entre l’enregistrement avec Steve Albini et Night Moves avec Rob Schnapf. Quelles sont les autres différences ?
Déjà le fait d’enregistrer Night Moves sur un ordinateur contrairement à Albini, qui était tout sur bande. Qui dit analogique, dit aussi live c’est-à-dire que les prises se faisaient tous ensemble et c’est pour ça aussi qu’on a mis aussi peu de temps, car il n’y a aucune retouche sur ordi puis tout le monde joue en même temps. Là ce n’était pas du tout le propos de ce disque-là (Night Moves, ndlr), car le disque d’avant était surtout tendu et nerveux mais là, je voulais un truc hyper nocturne presque un peu sexy, du coup j’avais envie d’arrangements, de claviers, de prendre du temps, d’essayer des pistes, de mettre des ambiances derrières...
Je n’aurais pu bosser comme ça chez Albini, ce n’est pas sa façon de travailler. La dernière différence et non des moindres est le travail qu’on a fait sur la voix, on a pris le temps il m’a fait vraiment bosser sur les histoires en bossant chanson par chanson en fait, là on allait au bout de chaque chanson en passant trois, quatre jours dessus puis quand on enregistre tes voix, t’es vraiment dans l’univers du titre. Là on s’est posés sur le texte : qu’est-ce que ça raconte ? Où ça va ? Qu’est-ce qu’on veut dire ? Ça nous arrivait de changer des trucs au dernier moment. 



On remarque de nombreuses dualités, déjà entre Off the Map et Night Moves,  au sein même du Night Moves et notamment dans le graphisme des pochettes : l'une est composée de palmiers alignés et sur l'autre, ils sont agités par le vent. 
Entre les deux, tu as sorti Opposite Way. est-ce que le titre fait référence à cette dualité ? Est-ce que tu l’avais déjà en tête ? 
Non je ne l’avais pas en tête, je travaillai déjà avec le même graphiste. Ce que j’aime bien c’est qu’à partir du moment où je lui parle des thématiques de mon album, il commence à me proposer des visuels mais vraiment au moment de l’écriture. Il y a une espèce d’interaction graphiques dès le départ, par exemple la pochette d'Off the Map avec le mec qui tombe de l’avion, c’était une vraie photo d’ailleurs,  je lui parlé de pertes de repères et il m’avait envoyé direct cette photo et je l’ai regardé pendant une semaine et j’en ai même fait cinq chansons. 


Quel est le nom du graphiste ? 
Il s’appelle Rémi Poncet, et il bosse dans un collectif qui s’appelle Brest Brest Brest . On est de la même région, puis on se connait de longue date. 

Du coup, c’était plus simple de travailler avec lui puisque vous vous connaissez depuis longtemps ? 
Au début on ne faisait que se croiser, on était dans des groupes de musique différents à Valence, là, on est vraiment dans une relation hyper proche. Je lui envoie mes maquettes dès que je les ai. Là dès que je lui parlé du fait qu’on allait à L.A, de la métaphore que j’avais en tête, on a pensé au palmier, à cet espèce de diptyque calme et tempête et d’ailleurs dans le vinyle comme le CD, il y a les deux. 



As-tu déjà pensé à écrire en français ? 
Pas vraiment non, dans le sens où j’aime bien la culture « pop » où quand tu chantes en anglais, les gens peuvent très bien écouter que la musique et ne pas décider d’écouter les paroles tout de suite. C’est John Lennon qui a dit « Bob Dylan, pour comprendre ce qu’il dit il faut écouter comment il le dit », c’est toute la culture pop anglo-saxonne qui me parle. 

Oui dans cette idée que la mélodie prime sur le sens des paroles, contrairement à la chanson française...
Oui voilà, on a cette culture de chanson à texte et tout de suite on va parler que de texte mais non en fait, ce n’est pas que j’ai pas envie qu’on parle des textes, je suis très content d’en parler mais j’ai pas envie de les imposer en premier lieu, ceux qui veulent se plonger dedans peuvent le faire. C’est pour ça qu’on met les paroles dans les livrets. 

Sur scène, tu joues avec Rémi Alexandre mais tu as également collaboré avec Jonathan Morali de Syd Matters , quels sont tes rapports avec le groupe ?
Oui sur le second, le troisième et même le quatrième album car il (Jonathan Morali) était avec nous chez Albini à Chicago. Syd Matters c’est une histoire presque commune, je pense que j’ai débauché presque tous les musiciens. On a fait beaucoup de dates ensemble, ils ont tous participé de près ou de loin à tous mes concerts ou mes albums, c’est la famille ! 

Cela va faire presque dix ans que tu es sur scène, qu’est-ce qui a changé dans ton rapport au live ? 
Le fait que ce ne soit plus du tout une source de stress mais une source de plaisir. J’étais un stressé de nature, je ne le suis plus donc je prend vraiment du plaisir maintenant. Je pense aussi avoir appris vraiment à chanter en dix ans, à mieux chanter en tout cas car je suis beaucoup plus à l’aise avec ma voix. Puis sur ce disque là j’ai des musiciens très variés, il y a beaucoup de clavier, je peux carrément des fois juste chanter, du coup j’ai un rapport au chant plus simple et ma façon de chanter à changer aussi, elle est beaucoup plus douce

Que dirais-tu au H-Burns de tes premières scènes et notamment celle du Kitchup de juin 2006 ? 
Je lui dirai que c’est un bon démarrage de commencer seul avec sa guitare parce que finalement tout ce qui vient, c’est du bonus. Avant j’étais dans des groupes avec beaucoup de guitares, très énervées et là d’un coup j’ai fait un truc tout seul et je pensais pas du tout en être là aujourd’hui puis je vais de plus en plus vers l’orchestration en étant reparti de la base donc je lui dirais « continue ». 


Propos recueillis par A.Cusack 
Un grand merci à H-Burns et l'Équipe de Because pour cet entretien

Night Moves (Vietnam / Because) disponible ici
En concert le 27 juin au Festival Rock Dans Tous Ses États 

Merci à PA & Alice






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