[INTERVIEW] Feu! Chatterton aux Solidays

A l'occasion du festival Solidays, CBB a rencontré Arthur, chanteur de Feu!Chatterton. Un gars sympathique, agréable et souriant !



Vous vous êtes rencontrés au lycée Louis-Le-Grand, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ensemble ? 

Arthur : J’étais en classe avec un des deux compositeurs/guitaristes, au lycée ils avaient déjà un groupe de rock progressif avec un mec qui chantait un peu comme Muse. Ils faisaient les concours Emergenza, le tremplin où l’on pouvait inviter tous ses amis, c’était très populaire à l’époque ! Dans le lycée, ils étaient très appréciés, ils sont allés jusqu’en finale à l’Élysée Montmartre. C’était mes potes, on faisait d’autres choses ensemble mais j’étais vachement envieux notamment quand je les voyais sur scène, à cet âge-là c’est fou ! J’avais envie de faire quelque chose mais en plus, ils n’étaient pas contre car j’écrivais déjà des petits textes dans mon coin que je leur lisais ensuite, ils les trouvaient chouettes ! Une fois, je me souviens, j’ai pu faire une répétition avec eux et le chanteur était un peu vert au début, il a été soulagé puisqu’à ce moment-là je ne comprenais pas trop la rythmique, c’était un peu tôt. Mais j’ai continué à écrire mes textes de mon côté, on se lisait des choses, on partait en vacances ensemble tout au long du lycée. 

Ensuite nous avons fait une prépa différente, c'est une période où nous ne nous sommes pas vraiment vus puisqu’on avait beaucoup de travail. Mais pendant ces années-là, j’ai composé seul dans mon petit bar à slam où j’écrivais mes textes et puis j’ai commencé à apprendre deux, trois trucs. On s’est retrouvés à la fin de la prépa et là, on s’est dit « on va faire de la musique ensemble ». Depuis très longtemps ils étaient motivés pour mettre mes textes en musique, par chance ! Car à l’époque je ne savais rien jouer et je ne chantais même pas. 

Au début, on faisait des trucs qui ressemblaient plus à du slam, des musiques improvisées, du jazz  mais cela ne nous ressemblait pas vraiment. Petit à petit nous sommes allés vers cette musique qui nous correspondait, plus inspirée par les grands comme Gainsbourg, mais aussi par la musique anglo-saxonne. 
On a voulu monter sur scène parce que là c’était des maquettes sur plein de pistes où il n’y avait ni bassiste, ni batteur. On a donc rencontré Antoine (bassiste) et Raphaël (batteur) alors sur scène, on fait de la musique plus nerveuse, plus rock. 

Vous avez composé ensemble, en même temps ? 

Oui voilà. Mais au départ c’était d’un côté Clément qui proposait des instrus déjà élaborées, j’enchaînais avec du texte, ça se répondait, on modifiait des trucs. Quand on s’est retrouvés tous les cinq, beaucoup de choses sont nées en répétition. Lorsque tu présentes une maquette à tes potes, tu dois accepter qu’il y ait une part de liberté qui peut être prise dans ce que tu écris puisque tu n’es pas un compositeur de musique classique. Plus nous avons avancé plus nous avons accepté de donner de la liberté à l’autre, on trouve tous notre place comme ça. 

Vous avez produit vous même votre EP , qu’en est-il de l’album ? 

Jusqu’ici nous avons pu produire nous-mêmes puisque ça ne coûtait pas trop cher, puis nous avions gagné quelques prix etc. Face à l’album, on s’est posé la question « est-ce qu’on fait le seul ou non » mais en réalité, nous n’avons pas envie d’être des gestionnaires. Quand on produit un album cela demande un engagement qui dépasse vraiment celui de la musique, donc nous nous sommes dit que nous allions trouver le meilleur partenaire possible. Par chance nous avons eu beaucoup de propositions de labels et maintenant nous sommes chez Barclay pour produire l’album qui sortira normalement le 16 octobre prochain. 

Qu’est-ce qui a changé dans votre rapport au live depuis vos premières scènes ? 

Je pense, je ne sais pas pour tout le monde, que pendant un temps nous savions qu’on était jugés par des professionnels et qu'il fallait qu’on fasse nos preuves. Nous avions un comportement de « bons élèves » mais maintenant on y va un peu plus nus en se disant que le plus important c’est d’être honnêtes quitte à ce que certains soirs on soit un peu en dessous mais en étant les plus sincères possible et en prenant du plaisir. 

Dans la presse, on parle de vous comme des « dandy modernes », «  des romantiques ». Est-ce que ça vous parle ? 

En partie oui parce que nous l’avons bien cherché en nous référant à ce tableau du XIXème siècle La Mort de Chatterton d’Henry Wallis, d’un poète suicidé dans sa chambre de bonne. Puis je suis en costume trois pièces sur scène, c’est une première lecture. On aime bien cette espèce de pas de côté car d’emblée on pourrait se dire que c’est simplement romantique, grandiloquent, lyrique mais c’est plus léger que ça en a l’air d’où ce petit point d’exclamation dans le nom du groupe. 


On remarque une identité forte dans vos clips, comment s’est déroulé le processus de création ? 

Par hasard ! On les a faits avec un copain, on voulait faire un clip et on avait cette chanson (« La mort dans la Pinède » ndlr) donc nous sommes allés chez un pote qui avait un nouvel appartement, il est passionné par la vidéo. Nous avions une malle de vêtements, d’accessoires puis nous avons passé juste une nuit à le faire. Il se trouve, cet ami nous connait bien et il est talentueux, qu'il a réussi à saisir quelque chose qui était proche de la musique qu’on essayait de faire, il la mettait bien en valeur.  Le second nous l’avons réalisé avec un autre ami. Il y avait des sortes de tableaux avec des fonds colorés, on a voulu intégrer quelque chose d’un peu plus pop et une vraie narration. 
On sent qu’il y a quelque chose qui forme une identité mais nous n’avons pas l’impression que ce soit vraiment précis. 

Si nous remontions un peu le temps, qu’est-ce que vous diriez aux jeunes lycéens qui rêvaient de musique ? 

A ce moment là on se disait « viens, on va faire un groupe de rock et ça va marcher », là je nous dirais « on est en train de le faire, allez-y ». 

Propos recueillis par A.Cusack 


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