[INTERVIEW] : Fauve à l'Ardèche Aluna Festival


A l'occasion de l'Ardèche Aluna Festival, CBB est allé à la rencontre de Fauve. 


Pourquoi tenez vous à préserver votre anonymat ? 

On a toujours fait comme ça avant même que Fauve soit public, on restait dans nos chambres entre nous au début. On s’est posés la question comment on allait mettre ce projet en image. On 
est un petit peu timides, peut-être, je crois dans le fond tous. 
 Les paroles étaient crues, on s’est dit que ce serait plus logique de ne pas être en représentation puisqu’on essaie de dire des choses réelles, quand tu prends en photo et que tu poses tu deviens quelque chose d’abstrait, tu triches un peu peut-être nous on essaie d’être nous-même et non un groupe juste des gens quoi. 
Bref c’est un peu compliqué mais nous avons toujours fait comme ça mais peut-être qu’on trouvait ça un petit peu élégant de ne pas se montrer, ça nous forçait à être un peu humbles peut-être, c’était quelque chose dont on avait besoin Plus le temps passe plus on se dit qu’on a bien fait, aujourd’hui ça nous protège, par exemple quand on sort dans la rue personne ne nous reconnait.  

Vous ne trouvez pas difficile de le préserver ? 

Oui c’est devenu quelque chose de difficile notamment vis  à vis des médias, de leur faire comprendre. Ils nous posaient sans cesse la question « pourquoi vous ne voulez pas vous montrer » et on leur disait qu’on voulait rester entre nous, ce qui est important c’est Fauve et non les gens derrière en général. On s’est battus pour imposer ça aux photographes, en interview, en festival aussi lorsqu’ils filment puisqu’on ne veut pas de gros plan sur les visages mais désormais c’est acquis ce truc là. Ils savent qu’on est un peu chiants mais il le respecte maintenant donc c’est de moins en moins difficile. Oui il y a des gens qui prennent des photos, tout ça mais on n'aime pas trop ça. En festival, nous aimons être à contre jour, même si on nous voit mais tant mieux sinon ce serait bizarre. 

Que faisiez-vous avant FAUVE ?

On avait des vies complètement normales : soit on finissait nos études, il y en avait même qui travaillaient dans des bureaux. C’était bien mais pour certains un peu frustrant, on avait peut-être envie d’aventures, de vivre des choses fortes

Vous avez déjà pensé à produire de jeunes artistes avec Fauve Corp ? 

Il y a des groupes qu’on aime beaucoup et il y a une époque on s’est demandé, pour essayer de leur faire profiter de notre organisation puisque nous sommes quand même très organisés. Puis on s’est rendu compte qu’on n'avait pas le temps on s'était dit « peut-être à l’avenir », mais en fait non, ça a été une envie pendant un moment mais je ne crois pas que ça se fera, en tout cas pas dans l’immédiat. 

Comment vous êtes vous connus ? 

Certains sont des amis d’enfance, d’autre depuis le primaire ou le secondaire. On est tous amis depuis longtemps globalement. Ce sont des groupes d’amis qui se sont rejoints, c’est toujours basé sur l’amitié, certains sont venus en cours de route parce qu’il y avait un truc amical qui s’est créé 

Qu’est-ce qui a différé dans l’enregistrement de Vieux Frères Partie I et la seconde ? 

Deux choses, nous n’avons pas enregistré au même endroit puis on avait un tout petit peu plus de matos pour le second mais la démarche était la même. 

Et dans le rythme ?

Déjà le deuxième on l’a fait en deux temps puis on avait un petit plus de temps pour le faire mais à part ça c’était pareil. On était chez nous, on se démerde toujours pour être dans un endroit qu’on connait un petit peu et on installe le matos qu’on a, on déplace tout. On  va dans une des maisons qu’on trouve, on va chez le parent de l’un ou le cousin de l’autre puis on vide une chambre ou deux, on met des matelas contre les murs ou de la mousse et puis on installe notre matos. 

Vous tournez depuis un moment déjà, qu’est-ce qui a changé dans votre rapport à la scène ? 

On va moins aux toilettes avant de monter sur scène (rires). 
On a appris à s’en servir un petit peu plus et on apprend encore d’ailleurs. J’ai l’impression pour le coup que l’apprentissage de la scène, un album ça peut se faire en continu. Nous on s’est jamais posés en mode « là on va faire un album », on a toujours écrit en continu. Un album c’est un temps qui est assez étendu tu ne te concentres que là-dessus et si tu progresses vraiment, c’est par séquence mais la tournée c’est un processus continu d’apprentissage, c’est vraiment au jour le jour. 
Après chaque concert, on débrief : qu’est-ce qui s’est bien ou mal passé pour s’améliorer puis on a encore une énorme marge de progression, c’est ça qui est bien. 
Puis la scénographie ça fait vraiment partie du projet, que ce soit pas juste « on fait les chansons en concert », il  y a tout l’aspect visuel du projet qui est là, tout l’aspect collectif. On essaie de se dire que le concert et la scénographie c’est comme si les gens qui venaient étaient dans notre tête. Ce qui a changé dans notre rapport c’est déjà que nous avons moins peur, on s’amuse vraiment, on occupe plus l’espace, on bouge plus puis on essaie d’être plus carrés et peut-être un peu plus bourrins sûrement parce qu’on maîtrise plus notre sujet. 

Depuis les festivals de l’année dernière, on a brisé une espèce de barrière qu’il y avait parfois entre les gens et nous, on a appris vraiment à communiquer avec le public en parlant entre les morceaux au-delà des paroles en allant vraiment chercher les gens qui sont là, leur montrer que c’est juste une réunion de famille, ça on a appris à le faire. On a appris à danser n’importe comment aussi.

En mars, vous avez fait une tournée dans les salles parisiennes. Laquelle vous a le plus marqué ? 

Le bataclan ! C’est un peu notre salle maintenant, c’est devenu un peu chez nous comme on a tellement joué là-bas, on s'est tellement approprier l’espace, tellement de copains sont venus. Il y avait vraiment un truc qui s’est créé l’année dernière. Puis il y avait une ambiance de dingue. 

J’ai aussi beaucoup aimé la Flèche d’Or parce que c’était vraiment un sauna (rires), il faisait très très chaud et le public avait aussi très chaud, j’ai rarement autant transpirer de ma vie. Je voyais les gens en face de nous, ils étaient en sueur puis après j’ai bu trois litres d’eau mais c’était génial ! 

Une partie de l’équipe du blog vous avait rencontré aux Eurocks de 2013, que diriez vous aux jeunes félins de Blizzard ? 

Moi je leur dirais « vous pensez que 2013 c’était fou ? Attendez de voir 2014 », et « attention au bassiste qui va se casser la gueule et se casser le poignet, je lui dirais ne fais pas cette partie de foot !» (rires) 

Propos recueillis par A.Cusack 

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