[REPORT] Siméo au Théâtre Auguste

Siméo 
"Variations sur l'Alcool et le désir"
Théâtre Auguste
Lundi 27 octobre 




Le bout d'une allée laisse apparaître le Théâtre Auguste du XIème arrondissement de Paris, on part à la découverte de l'ovni Siméo. Loin d'être un amateur, il a déjà quatre albums à son actif et de nombreuses collaborations notamment avec Jenifer, Yannick Noah ou encore Natacha St-Pier. Après dix ans de carrière, il décide de s'éloigner un peu de l'industrie pour présenter une performance dont il est l'unique acteur.



A 21h, le public est déjà en place sur des banquettes noires et rouges devant un rideau cachant la scène. Un jeune homme se hisse devant nous et demande au public de ne pas "applaudir" durant la représentation, surprise chez les spectateurs "folle soirée" lance une femme ironiquement. Les lumières s'éteignent, le public se retrouve dans un noir complet, ne sachant où regarder avant d'entendre la voix d'une femme enregistrée. La conteuse est coupée et Siméo se dévoile, assis sur une chaise en bois la guitare à la main. La mise en scène est très épurée, par de fioritures, seulement quelques jeux de lumière qui s'accordent aux rythmes de l'artiste.

Ici il n'y a que les paroles qui sont importantes, comme l'annonce le titre "Variations sur l'alcool et le désir" la partie musicale jouée à la guitare est sensiblement la même tout au long de la performance. L'oreille se prête donc au jeu en écoutant les paroles de chaque titre interprété, aucun jeu de scène ne vient nous divertir. Siméo nous raconte une histoire d'amour, chaque chanson nous faisant évoluer dans l'histoire, chaque titre est comme un acte de pièce de théâtre : rencontre, amour, tromperie, attente etc... Certains sont surpris et préfèrent quitter la salle discrètement, le public est dans une condition de pièce de théâtre ne pouvant bouger à leur guise, ni parler. Les titres sont entrecoupés par la voix d'une femme enregistrée, l'écoute est attentive aux textes courts de transition très bien construits et parfois mieux que les textes chantés. Comme annoncé, l'alcool et le désir sont bien présents dans les paroles, mais il est difficile de s'identifier à une histoire d'amour qui semble très personnelle. La représentation se termine sur un Siméo debout avec une bande son, la guitare au sol. Le premier morceau résonne à nouveau, il retombe amoureux et le printemps est revenu. Les histoires d'amour finissent mal en général, mais c'est cyclique, l'amour revient toujours...

Le bémol du "spectacle", les conditions : le public n'est pas libre de ses mouvements, aucun choix ne s'offre à lui mis à part rester assis et calme. Ici le spectateur n'a aucune place à part cette du voyeur, il n'a pas même la possibilité d'exprimer son contentement après un morceau. Il ne peut échanger sur ses impressions durant la représentation, ne peut aller boire un verre ou aller aux toilettes. La mise en scène aurait été parfaite dans un café-théâtre où chacun peut faire comme bon lui semble tout en pouvant rester attentif aux paroles et à la prestation de l'artiste. Un manque de liberté en somme.


A.D & A.Cusack

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