Un an après la fin du monde, qu'aurions-nous raté ?

Il y a douze mois, à cette même heure nous étions tous en train de flipper qu'une comète s'écrase sur notre chère Terre et anéantisse notre race. Les Mayas se sont plantés, on en est bien contents, ou pas.




Samedi 21 décembre 2013, ce soir vous aurez le choix dans les soirées pour noyer votre joie de (non) survivant sous un flot de musique, de corps humides et... et autres. Oui, la Fin du Monde c'était il y a un an. Il ne s'est absolument rien passé, pas une seule secousse, aucunes prémices. Du coup, on a continué sur notre lancée, à peine passée, à peine oubliée. On s'est trouvé du travail, on est sorti, on s'est trouvé un stage. Rien de fou. Alors revenons à des choses bien terre à terre et parlons de ce qu'on aurait raté cette année. 

Il aura été difficile, voire impossible de trouver du travail dans certains secteurs. Eh oui, le nombre de stagiaires a explosé, ce qui a anéanti les offres d'emploi pour les jeunes diplômés (600.000 stagiaires en 2006 contre plus d'un million aujourd'hui). Les 20/25 ans veulent fuir la France, ici il n'y a plus beaucoup de possibilités, même si on veut travailler et qu'on est prêt à bosser 45 heures par semaine. Les stages s'enchaînent, non rémunérés de préférence et l'espoir d'une vie active stable s'éloigne. Une fin partielle du monde aurait peut-être été souhaitable, pour certaines personnes. A côté de ça on a vu une fausse baisse du chômage, un ministre de gauche avec des comptes en Suisse (on a appris que sa femme en avait également). Les conséquences ? Une montée sensationnelle de l'extrême droite, et un pessimisme ambiant que même l'ouverture d'esprit du mariage pour tous ne saurait rééquilibrer.


Du côté de l'écologie un grand pas a été fait après cette non fin du monde. L'Allemagne supprime ses centrales nucléaires au profit du charbon, ce qui signifie : une augmentation très importante des émissions de CO2 et des villages rasés. Qu'un rapport certifie que l'air que nous respirons a été contaminé et provoque le cancer des poumons n'affole personne. Que la nature soit en train de mourir et que les hommes utilisent la faune et la flore dans le dessein d'accroître, toujours accroître, la production, ne suscite toujours pas de prise de conscience mondiale. Le saviez-vous ? Des chercheurs installent des hublots sur des vaches pour entre autres avoir accès à leur estomac pour tenter de réduire leurs exhalations de méthane et produire plus de lait.  Oui, tout va bien ici sur Terre, la Fin du Monde n'est pas demain.


Même les plus riches ne nous font plus rêver. L'année a été faste, très faste même : exubérances, égos surdimensionnés, cas de schizophrénie de type divin, perversions, pédophilie... Le microcosme people se lâche et ne nous donne plus vraiment envie. A défaut de faire rêver, ils nous font jaser, on se fout de leur gueule histoire de se dire que putain finalement notre vie n'est pas si pourrie (cf Loana). Et finalement, c'est quand même vachement plus marrant de parler du swag de Nabilla que de s'inquiéter de ce qui passe dans les ailleurs qui n'exhibent pas d'étoile, de l'air cancérigène, ou encore de la crise du sociale dans laquelle nous sommes. Tout ça ne nous concerne pas, ou moins que la coke que *** se fourre dans les narines.


Un an après la fin du monde... Jusqu'ici tout va bien.



A.D

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