La ruée vers l'or


Qu’est-ce que l’on peut appeler une « bonne » soirée ? Tout le monde utilise ces termes, devenus expression nationale voire internationale, on a à peu près les mêmes images en tête. Mais les avis divergent, classe, style, âges, régions autant de facteurs qui entrent en jeu, et les soirées se développent, se succèdent, s’enchaînent. Depuis un an à Paris ce sont les soirées électro qui sont au top un, les lieux se multiplient et accueillent les meilleurs artistes. Le retour de l’électro, pas celle de ces djs surfeurs, beaux gosses, lisses, et photogéniques qui sourient niaisement dans la cabine du Pacha.

L’année dernière, le boum des afters sur le quai de la rapée. Certains de ces évènements sont organisés depuis trois ans en période estivale, ambiance colonie de vacances dans un lieu atypique (le village Thaï en 2011). Enfin Paris bouge, Paris ne s’éveille pas, puisqu’elle ne dort plus ; le dimanche, celui qu’on détestait est devenu un jour de fête. Un renouveau, arrivé d’Allemagne, nous ouvre de nouveaux horizons musicaux et festifs. Pas de chichis, la clientèle est éclectique, pas flambeuse, et un tantinet décoincée. Une ambiance loin du bling-bling, qui nous fait oublier nos talons et nos anciennes habitudes de séducteurs post pubères : incroyable expérience de  ne pas  sentir les regards scrutateurs des personnes présentes. Ces lieux étaient réputés pour leur ambiance décontractée, et surtout pour leur programmation bousculant nos habitudes.

La situation a changé cette année, la cocobeach est victime de son succès, la moyenne d’âge doit être de 19 ans maintenant, beaucoup plus de monde, plus de gens saouls ; les vieux de la vieille sont perdus dans la masse et leur vraie bonne humeur communicative aussi. Faudrait-il alors garder ces endroits secrets ? La popularisation entraîne t-elle inéluctablement une baisse de qualité, la quantité aurait donc encore une fois une incidence sur la qualité ? Certes, cela doit être un passage obligatoire, la démocratisation de ces soirées entraîne forcément la création de nouvelles soirées de ce type : au Wanderlust, le châlet des iles, les afters concrete…

Nous avons donc le choix pour sortir, et ce, presque tous les soirs de la semaine. Sauf que maintenant, ces soirées sont « hype », les gens sont « hype », les pilulles sont « hype » , joli mélange qui nous oblige à nous revêtir de nos plus beaux attraits et de notre attitude la plus pompeuse. La jeunesse dorée s’est emparée de l’électro.


A.D

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