POP'PEA au Théâtre du Châtelet









POP'PEA, relecture pop électrique du Couronnement de Poppée, dernier opéra de Claudio Monterverdi, était à l'affiche de l'illustre Théâtre du Châtelet.
Parcourant les diverses nouvelles informations concernant Benjamin Biolay, j'apprend qu'il fera partie de l'aventure Pop'pea en remplacement de Marc Daumail, membre de Cocoon. Je pousse la recherche et découvre ce projet plus qu'ambitieux, une adaptation de l'Incornazione di Poppea de Monterverdi.
Néron (Carl Barât) empeureur mégalo met le feu à Rome, exile sa femme Ottavia (Fedrika Stahl) pour se mettre en couple avec Poppée (Valérie Gabail), femme aux moeurs légères déja mariée à Othon (Benjamin Biolay). Un Opéra Pop qui met l'eau à la bouche sur papier avec notamment un casting impressionnant dont les membres viennent de toute part tant au niveau artistique que géographique. Une Poppée interprétée par Valérie Gabail, issue du classique avec une entrée remarquée en 2002 à l'Opéra de Paris, un Néron par Carl Barât, co fondateur du groupe de rock britannique The Libertines, Benjamin Biolay auteur compositeur interprète de chanson française, donne un nouveau souffle au rôle d'Othon. N'oublions pas les magnifiques interprétations de Marc Almond du groupe Soft Cell (Rappelez vous "Tainted Love") jouant Senèque et Fredikah Stahl, chanteuse suédoise de jazz nous offrant une fabuleuse performance dans le rôle d'Ottavia, impératrice déchue. De l'émotion à travers des décors et des situations kitsh, totalement assumées par le metteur en scène autant que par les interprètes, qui laissent quelques rires à travers le théâtre et donne un soupçon d'humour bien que l'histoire soit tragique sur papier. Des effets de décors réalisés en direct grâce aux dons du plasticien Pierrick Sorin, sans oublier la qualité des costumes par Nicola Formichetti, directeur artistique de Thierry Mugler.



Aux alentours de 20h, les musiciens situés sur les deux côtés de la scène commencent à faire vibrer le théâtre avant l'arrivée d'un Benjamin Biolay vêtu de cuir, enfourchant une moto devant un immense écran bleu alors qu'un jeune homme en noir fait dérouler une  maquette représentant une route entourée d'arbres. Quelques secondes plus tard, un écran se déroule au dessus de lui où l'on voit apparaître la maquette  en arrière plan avec un Othon prêt à bondir ("I still keep coming back"). Scène la plus "comique" de l'Opéra Pop.
Les tableaux s'enchaînent, où l'on découvre un Carl Barât habité par son personnage de Néron, porté par une puissance mélodique indéniable. Marc Almond, merveilleux, splendide, absolu ! Il disparaît à la fin du premier acte, où on le voit apparaître debout dans une baignoire transparente prêt à se couper les veines entouré de ses disciples offrant un feu d'artifice d'émotion ("Seneca, don't die").
Le second acte commence sur Othon et Néron fêtant la mort du philosophe dans un bar, ils boivent, se battent avec les différents gardes présents en interprêtant "Now that Seneca well dead". L'impératrice implore l'aide d'Othon pour mettre fin à la vie de Poppée, il accepte en se déguisant avec les habits de Drusilla, dame de compagnie mais renonce au dernier instant alors que Poppée est dans les bras de morphée. Drusilla est alors arrêté par les gardes de Néron, la scène se découpe en deux actions avec les protagonistes, texte à la main, doublant la scène se déroulant sur l'écran en arrière plan où nous pouvons découvrir Anna Madison, Carl Barât et Benjamin Biolay en tenue d'époque.


L'impératrice Ottavia écartée, Poppée arrive sur le trône avec le mythique air de Néron "Now I Hold You".

A.Cusack



"Now I Hold You" Extrait de la scène finale entre Poppée (Valérie Gabail) et Néron (Carl Barât)


Merci Pierre Alex

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